Praticienne en Sexologie et Formatrice en Communication Émotionnelle

Le syndrome de l'imposture

L'imposteur, créateur d'illusion.

L'imposteur est en chacun de nous.
Il est capable de nous faire croire  ce qu'il n'est pas.
L'imposteur,  croit être ce qu'il n'est pas, il se ment à lui-même et donc par ricochet à nous-mêmes.


L'imposteur est souvent de mauvaise foi, il  reconnaît rarement ses tords. 
L'imposteur cache ce qu'il n'aime pas en lui, ses petites et grandes imperfections, ses travers, ses complexes, ses peurs en nous accusant de ce qu'il ne veut surtout pas voir en lui.


Surtout ne démasquez pas un imposteur, il risquerait de vous en vouloir beaucoup beaucoup.


Et le comble dans tout ça, c'est que nous sommes tous des imposteurs dès qu'il y a identification ou cristallisation d'un personnage qui n'est pas nous.
Nous créons l'illusion alors que nous sommes que des apprenants imparfaits.


Bon, ben alors, tout va bien !
Soyons juste imparfaits et tolérants puisque qu'on est tous des apprenants pas finis.
Arrêtons de nous faire croire qu'il y a des êtres inférieurs ou supérieurs aux autres puisque nous sommes que des humains pas finis et rien de plus.
Alors pourquoi avons nous tant besoin de tromper son monde ?
Parce que l'on ne sait plus s'amuser comme des enfants.
On se limite à jouer un rôle sérieux au lieu de juste s'amuser à faire semblant d'être un personnage illusoire.
Mais l'imposteur est tellement sérieux.
Il s'y croit !!

Observons les enfants.
Ils aiment jouer à la guéguerre et ben les imposteurs font la guerre.
Les enfants aiment jouer aux supers héros. Les imposteurs sont des sauveurs.
Les enfants jouent à faire semblant, les imposteurs sont convaincus d'être ce qu'ils sont ou s'identifient à ce qu'ils ont.
Donc, si je me sens minable au fond de moi, et que je veux le cacher aux autres alors un statut, un titre, un diplôme, un faire valoir ou bien l'exemple très cliché, une grosse voiture neuve peuvent être utilisés pour camoufler la faille et je finis par m'identifier à ma grosse voiture neuve flamboyante, à mon diplôme ou à mon statut et par magie, je me sens enfin toute puissante à travers l'objet de mon illusion.
L'objet de mon illusion est devenu moi, il a colmaté mon sentiment minable que je me cachais à moi-même et donc aux yeux des autres. Et c'est l'illusion qui fait croire que mon sentiment d'être minable a disparu.


L'inverse est tout aussi vrai, je peux aussi cacher le génie qui est en moi en me faisant croire que je ne suis qu'une minable et rien d'autre et là, je m'identifie à mon rôle de maman bonne à tout faire et bonne à rien.

Grrrr ! Non, non, je suis une super maman qui fait de son mieux, et qui aime s'amuser avec ses enfants, non mais !

Ok, il y aurait donc un imposteur en moi et en chacun de nous.
Maintenant que je sais ça, je fais comment pour ne plus en être un ?
Je commence peut-être par lâcher mes masques et cesser de croire que la partie visible que je montre est ma réalité, la réalité est multiforme, elle est infinie.
Nous sommes un tout, à la fois,  minable et génial. Et tant que l'on ne l'assume pas, l'imposteur nous enferme dans l'étroitesse de notre propre prison, notre sérieux plombant.


Bon ben, je regarde à travers la fenêtre de mon bureau et je vois  ma p'tite tutute toute cabossée bleue à défaut d'avoir une grosse voiture neuve flamboyante rose fuchsia.
Et je suis rassurée, ouf! Je ne suis pas ma voiture.


Je suis tout ce que je veux être.
Aujourd'hui, je décide de me prendre pour une scientifique qui fait une thèse sur l'imposture.
Et ouais, je me crée l'illusion !
Parce que moi, j'aurais adoré être payée pour faire de la recherche.
Observer, analyser,  vérifier, expérimenter, écrire, trier...
A défaut d'avoir le diplôme et le salaire qui va avec, je suis une femme qui fait comme elle peut avec les moyens qu'elle a.
C'est vrai, je ne suis pas payée pour ça mais en attendant, je m'amuse. Et comme dirait si bien Baloo, "Dans la vie, il faut pas s'en faire, il suffit du stricte nécessaire..."
Et une bonne âme d'enfant et beaucoup d'imagination.


Laurence Traineau, "L'imposteur", 31 août2017






La peur de l'abandon

Quitter pour ne pas être abandonnée !


"Émilie, pourquoi m'as tu quitté ?"


-C'était plus facile de te quitter que de me sentir abandonnée.
Tes absences trop fréquentes réveillaient en moi trop de souffrance.
J'attendais tout de toi tel un enfant sans défense.
T'aimer me rendait trop vulnérable et dépendante de toi.

"C'est donc pour cette raison que tu m'as quitté ?"

-Oui, c'est moins douloureux de quitter que de ressentir l'abandon. L'enfant qui était en moi était convaincu que tu étais mauvais puisque tu ne répondais pas à tous mes désirs, je devais donc trouver celui qui comblerait mes désirs non assouvis. Il m'était nécessaire de te voir comme mauvais pour avoir le courage de te quitter. Je n'ai pas quitté l'homme libre et aimant, non, j'ai quitté la frustration que tu faisais naître en moi en n'étant pas collé à moi.

"Que s'est-il donc passé pour que tu comprennes que tes comportements étaient infantiles ?"

-J'ai subi un électrochoc lors du décès de ma mère. Ce jour là, elle m'avait abandonnée, j'étais perdue, j'ai découvert le vide, le manque, la souffrance. Je croyais ma mère parfaite, elle a toujours su combler tous mes désirs en ne me frustrant jamais.

"Et ton père dans tout ça ?"

-Justement, ma mère l'avait jeté avant ma naissance. J'étais son unique amour et personne ne devait rompre la symbiose entre nous. J'attendais tout des hommes. Je voulais qu'ils m'apportent sur un plateau d'or et d'argent le plein, le bon, le doux, le pimenté mais jamais le vide, le mauvais, la douleur, l'insipide. Je voulais juste être bien remplie comme un enfant bien nourri et être toujours comblée par le bon parent nourricier. Et un jour, fatiguée de toujours répéter le même scénario, j'ai pris la ferme décision de chercher la bonne mère en moi en acceptant de prendre à ma charge cet enfant toujours en demande. L'adulte en moi était incapable de prendre soin de cet enfant. Instinctivement, je suis allée voir une thérapeute pour m'accompagner vers ce chemin douloureux. Auparavant, j'avais toujours le réflexe de chercher le compagnon parfait mais les dieux étaient toujours contre moi puisqu'il n'existait pas. Un jour ou l'autre, il finissait par me frustrer. Et la frustration chez moi était intolérable. Alors je quittais encore et toujours pour ne jamais me sentir abandonnée. Il me fallait au plus vite le bon parent qui comble tous mes désirs, tel une droguée qui a besoin de son shoot pour s'apaiser ou tel un bébé qui a besoin de sa tétée pour calmer sa faim dévorante.

"Et maintenant, tu reviens vers moi et tu me dis tout ça. Pourquoi ?"

-Parce que tu es le seul qui a eu l'honnêteté de ne pas pouvoir combler mes désirs d'enfant gâté. Tu as été l'homme le plus frustrant de ma vie mais étrangement en ta présence, je me sentais présente à moi-même parce que tu étais vrai et honnête.

"Qu'attends-tu de moi ?"

-Nous donner une chance de vieillir ensemble. J'aimerais ressentir auprès de toi la frustration et accepter de la vivre afin de m'engager à ne jamais te quitter, ni t'abandonner même si parfois je ressentirai le manque de toi. Tu n'es pas celui que je choisis pour combler mes désirs ou mon vide intérieur. Tu es celui que j'aime et que je veux chérir et respecter. J'aime ta liberté et ta vérité et surtout tes imperfections. Elles me touchent, elles me renvoient aux miennes et c'est apaisant. Armand, veux tu la femme que j'aime être aujourd'hui à tes côtés ? Pour prouver mon engagement, je suis prête à relever un défi.

"Tu n'as pas peur de signer ton arrêt de mort en t'engageant avec moi ?"

-Non, je sais que l'engagement symbolise le deuil de tous les autres hommes. Tu es l'homme que je veux chérir quoiqu'il arrive. Je sais que je suis en confiance avec toi.

"Émilie, quand je m'engage, moi, c'est pour la vie. Les mots avec moi, ne sont pas qu'une douce mélodie pour endormir, chaque mot prononcé est porteur de sens et de présence."

-C'est pour cette raison que je te donne toute ma confiance.

"Émilie, voici mon rêve.
Être moi, et la femme que j'aime tout aussi libre et créative que moi, elle aime me voir joyeux. Elle m'encourage dans tout ce que j'entreprends même si je dois être loin d'elle pour m'adonner à ma créativité. Je m'engage à la respecter et à la chérir tout autant. Retrouvons-nous ici, dans un mois, au même endroit, à la même heure, et la vie se chargera de nous surprendre."

Laurence Traineau, "La peur de l'abandon", septembre 2017






L'Orgueil
 

Au royaume des guerriers sans pitié.

J'ai été dans mon royaume un petit garçon adoré par mes parents qui nous ont tout donné pour que l'on devienne des futurs adultes forts et musclés.


Nous étions éduqués pour être des guerriers sans piété.
Plus on travaillait dur à la tâche plus on était admiré.
Nous étions deux frères qui aimaient tester notre force auprès des autres guerriers du royaume et à la grande fierté de nos parents, nous étions toujours les plus forts et personne ne pouvait nous dominer.
Nous nous sentions tels des Dieux.

On était tellement puissants que nous pensions être invincibles jusqu'au jour où un guerrier d'un autre royaume me brisa un de mes genoux sans pitié, et à partir de ce jour maudit, je ne pouvais plus aller au champ de bataille tester ma force et mon courage.
J'étais redevenu un simple humain diminué. Et être sans mon statut de guerrier, on ne m'y avait pas préparé.
Pas préparé à ne plus combattre contre mes ennemis guerriers sans pitié.
Par réflexe, je me suis tourné vers d'autres ennemis, et je me suis mis à vouloir maîtriser les princesses de tous les royaumes et franchement, c'était bien trop facile. Dès qu'elles m'offraient leur coeur, elles étaient aveuglées par l'amour que je leur promettais. Pourtant, je m'ennuyais vite à ce petit jeu dans lequel elles cédaient à tous mes caprices, alors je les faisais souffrir dans l'unique but de leur déclarer la guerre et là enfin avec elles, je me sentais être à nouveau invincible tel un dieu dans son royaume où mes ennemies usaient de toutes leurs ruses et stratégies de princesse pour ne jamais me décevoir ni me déplaire.

La guerre entre nous se terminait toujours par des larmes et des cris. Je finissais par les quitter en leur prouvant qu'elles étaient folles et ingrates de se montrer si cruelles envers moi alors qu'elles me disaient m'aimer.
Je gagnais à tous les coups. En les quittant, elles s'accrochaient à moi, elles n'aimaient que moi, moi ce Dieu qu'elles adulaient. Elles ne pouvaient plus se passer de moi. Et ce petit jeu m'amusait follement, cela me montrait à quel point, je maîtrisais toutes mes ennemies. J'étais bien ce dieu invincible admiré dont les femmes ne pouvaient se passer. Je créais en elles un tel désordre psychique que je faisais d'elles ce que je voulais.


Et à nouveau, la vie me mit à l'épreuve.

Un soir d'hiver, je suis tombé nez à nez sur une guerrière de lumière qui croisa mon chemin.
Elle était connue dans mon pays pour avoir la réputation d'être une solitaire en quête de vérité. J'allais lui montrer à cette effrontée qui était le maître dans mon royaume et qu'elle fut ma surprise quand je découvris qu'elle était imprévisible. Elle ne réagissait ni à mes stratégies ni à mes attaques. Elle restait calme, ancrée, bien alignée, rien ne la perturbait, elle demeurait égale à elle-même, douce et sensible. Cette dernière me donnait du fil à retordre.
J'avais beau vouloir la blesser, la fragiliser, c'est elle, au final qui perturbait ma structure mentale.
Je sentais que si je poursuivais mon jeu avec elle, c'est elle qui m'ébranlerait et je ne pouvais pas prendre ce risque.

J'étais un guerrier invincible pas un homme qui s'abaisse devant une femme.
Je décidai donc de la quitter sur le champ pour la déstabiliser et lui montrer qu'elle n'était rien à mes yeux.

Contrairement, aux autres princesses, cette femme solitaire ne m'a ni retenu ni déclaré la guerre.
Elle me fit comprendre que chaque être humain sur cette Terre a la responsabilité d'assumer sa liberté, et de respecter celle des autres.
Elle m'aimait et m'aimer, c'était pour elle, me vouloir libre.
Je sais que cette femme ne m'a pas admiré mais profondément aimé, pourtant, j'ai été sans pitié avec elle, j'ai même eu plaisir à la faire souffrir en la faisant disparaître de ma vie.

Oui, je l'ai jetée comme on jette un vieux jouet rouillé.


Elle ne pouvait pas me retenir puisqu'elle me voulait libre.
Elle savait d'instinct que j'étais prisonnier de mon armure et que l'amour à deux est une mise à nu.


Ma quête aujourd'hui n'est plus de combattre des ennemis imaginaires mais de briser mon armure de guerrier sans pitié.
Tant que je la garderai, je ne serai pas capable de me relier aux autres ni de les aimer.


Les clés pour y arriver ?
Cesser de me raconter des histoires de méchants et de gentils en m'imaginant que les autres autour de moi veulent me massacrer.
Être désolé aussi d'avoir brisé des coeurs au lieu de mon armure afin de ne jamais perdre la face.


Par orgueil dans mon pays, on est prêt à tuer frères et soeurs pour sauvegarder son honneur.


J'ai tué en moi ma propre humanité par peur de perdre mon statut de guerrier sans piété que l'on a toujours admiré dans mon royaume depuis que je suis né.

Laurence Traineau, "L'orgueil", 26novembre2017.






La dépendance affective.


La dépendance affective est un fléau, elle fait des ravages, dans tous les domaines (sentimental, amical, professionnel, social etc.) elle nous enchaîne et nous rend amères.
Un homme ou une femme dépendant(e) affectif est soit apeuré de s'engager émotionnellement soit apeuré d'être seul.
Dès que vous l'encouragez à être plus autonome, responsable, et mature soit il (ou elle) vous en veut soit il (ou elle) vous quittera pour ne pas évoluer.
Comment s'y prend-il (ou elle) ?

En vous prouvant que vous êtes une mauvaise personne qui ne mérite pas ses attentions.
Il (ou elle) vous veut uniquement si vous répondez à ses attentes.
Il (ou elle) est rassuré quand il (ou elle) vous sent sous son emprise ou son contrôle.

Les conséquences ?

Un cercle vicieux.
La dépendance affective est contagieuse, elle se transmet de génération en génération, elle touche plus de 80% de la planète.

Comment sortir de la dépendance affective ?
Accepter d'évoluer, de guérir, de grandir, de se remettre en question, de se tromper, de se regarder en face avec bienveillance et indulgence.
La dépendance affective naît d'un manque d'amour qui affaiblit l'estime de soi.
La responsabilisation est l'étape de l'individuation, sortir de l'individualisme pour se reconnecter à soi et aux autres sans rendre responsable les autres de vos choix ou de vos erreurs.
S'assumer et assumer ses besoins sans dépendre de personne.
En tant qu'adulte vous êtes responsables de vous-mêmes et laissez les autres adultes se débrouiller tout seuls tant qu'ils (ou elles) n'ont pas formulé explicitement leur besoin d'aide ou leur demande.
La dépendance affective INFANTILISE, elle nous transforme en agneaux dociles et apeurés.

Laurence Traineau, Octobre 2017. "LA DÉPENDANCE AFFECTIVE"
 






"La femme sauvage"

La femme sauvage est une femme libre et respectueuse de sa vraie nature.
Sa nature de femme vibrante.
Elle est une femme à aimer et non à maîtriser.


Dès qu'elle est mal aimée, sa nature vibrante meure à petit feu.
Elle aime se sentir s'enflammer.
Si elle est en attente, tout s'éteint en elle.


Elle aspire à aimer librement.

Et aimer, ce n'est pas un vain mot vide de sens, aimer, c'est pour elle une vraie aventure réservés à ceux qui ouvrent leur coeur malgré la peur.

   Dès qu'elle se juge, elle n'est pas aimée.

Dès qu'elle se traite de "trop" ou "pas assez", elle n'est pas aimée.
Dès qu'elle se fait des reproches, elle n'est pas aimée.
Elle sent qu'elle n'est pas bien aimée puisqu'elle s'aime à condition de rejeter ce qu'elle n'aime pas en elle.

Quand elle se propose l'amour sous condition, elle sait d'instinct que cet amour est un leurre et non une ouverture de coeur.

La femme sauvage sent quand elle est aimée véritablement et profondément sans condition quand ceux et celles qui sont aussi sauvages qu'elle s'ouvrent à leur partie la plus apeurée et elle s'approche d'eux sans bouclier, sans reproche, sans fermeture, sans attente.


  Elle sait que l'amour n'est réservé
qu'aux courageux qui osent se plonger dans
  les abysses de l'inconnu. L'univers de l'inconscient.


Pour aimer la femme sauvage qui est en elle, il lui est nécessaire de se confronter à ses vieux démons, ses trous, ses bosses, ses blessures et ses peurs. Les fuir, c'est inévitablement fuir l'amour.

  En osant aimer sans chercher à la contrôler ou à la museler, elle découvrira le paradis
  qui se construit sur la Terre des amoureux, libres d'aimer en toute conscience.
 

Heureux de jouir de l'instant présent. 

La femme sauvage n'est jamais acquise, elle est à séduire à chaque instant.


  Chaque jour est un renouveau, un émerveillement.
  C'est cet élan de vie qui bouillonne et qui anime l'aventure amoureuse à l'infini.
  Et le verbe aimer se conjugue à tous les temps.





  Laurence Traineau, le 17 août 2017, "La femme sauvage"
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