Praticienne Clinicienne en Psychothérapie individuelle, de couple et familiale

La femme pansement

Partons à la découverte de la femme pansement, la femme qui n'est pas aimée.

https://www.psychologue.net/articles/la-femme-pansement

La femme pansement

Ninon est une femme pansement, elle entretient une liaison cachée avec un homme marié, tendre et généreux avec elle durant la semaine. Ils sont collègues de travail, il est donc facile pour eux deux de s'octroyer des moments intimes chez elle à l'heure du déjeuner.

Ressentant la souffrance d'être seule sans lui tous les week-ends, elle décide de faire un travail d'introspection et de soulager cette douleur qui se réveille dans son ventre à chaque fois qu'elle quitte son lieu de travail, le vendredi soir.

La peur d'aimer ou d'être aimée empêche la femme pansement de partager l'amour qu'elle porte en elle. Elle donne mais elle ne reçoit pas ce dont elle a vraiment besoin. Elle n'est pas libre d'aimer et d'être aimée.

Découvrons la lettre de Ninon qui décide de prendre le risque d'aimer en recevant le meilleur qu'elle mérite :

La liberté d'être fidèle à elle-même.

Cher Fabrice.

Hier, quand tu es parti rejoindre ton épouse, j'ai beaucoup pleuré.

Je me suis senti la putain, celle à qui on fait l'amour mais pas celle qui reçoit l'amour plein de l'homme qu'elle a choisi d'aimer.

Comment allier partage et liberté entre nous ?

En sachant mettre la limite entre moi, toi, les autres et le monde.

Bien faire la distinction entre moi et mon désir de partage et tous mes autres désirs qui s'entremêlent avec les tiens (désir de partage sexuel, de tendresse, désir de fusion, désir de liberté, désir d'élévation intellectuelle, spirituelle, émotionnelle etc...)

Comment réussir à concilier avec moi, toi et les autres tous ces désirs ?

En faisant le choix de m'engager en donnant le meilleur de moi-même.

C'est ce que je fais en écrivant cette lettre

Je décide d'être honnête avec moi-même et de me respecter. 

Je choisis de m'aimer en prenant soin de moi et des autres.

Ma relation avec un homme avec qui je partage une intimité sexuelle ou amoureuse ne peut être qu'engagée. Le cas contraire, c'est voué à l'échec.

L'amour, c'est un choix.

Le désir, c'est une excitation qui va, vient et repart. Le désir, c'est éphémère.

L'amour, c'est un don, un partage, il nous amène à construire du lien, à tisser l'intimité, la complicité et les projets.

Nourrir des projets séparés et communs, c'est se projeter dans l'avenir, c'est se voir loin ensemble.

J'observe notre liaison secrète, discrète, cachée. 

Quand on me demande s'il y a un homme dans ma vie, dans mon coeur, je réponds que je suis en lien de temps en temps avec un homme et je passe rapidement à un autre sujet.

Je suis donc une femme seule sans homme à aimer.

Ai-je envie d'avoir juste une liaison cachée qui

est vouée à se scléroser ?

Donc à avorter ?

Je veux aujourd'hui m'engager.

Et m'engager, c'est me respecter tout en respectant l'autre.

solei.jpg

Dans cette liaison secrète, j'observe que cela ne sonne pas juste en moi. Tout est mis au ralenti, en sommeil.

Devenons-nous stopper notre liaison ou la poursuivre et la transformer en relation amicale ?

Trouver le rapprochement qui nous convien

t le mieux ou plutôt poursuivre notre chemin l'un sans l'autre ?

J'observe que notre liaison cachée ne me convient plus, elle ne s'harmonise pas avec la femme que j'aime être.

Une femme libre et engagée.

Je peux m'engager dans la solitude tout comme je peux m'engager dans la complétude à deux.

La vie nous offre des expériences à vivre pour trouver en nous la note juste qui nous fait vibrer et nous rend ain

si plus vivants et humains.

Je fais le choix de m'ouvrir à l'inconnu. Au changement perpétuel qui se manifeste en moi.

Aujourd'hui, je peux m'éloigner de toi et je peux aussi aller jusqu'à toi si tu es aussi libre que moi. Je ne veux plus être cette femme que tu ranges tranquillement dans le placard de ton bureau dès que tu vas retrouver ta gentille épouse qui t'a préparé un bon dîner chaud.

Je fais le choix de la relation d'amour libre

et "humanisante", celle qui m'agrandit et m'élève vers plus grand que Moi. Ce petit Moi craintif et frileux qui a l'art de me saper ma joie de vivre.

Oui, je veux la joie et la partager librement.

Ma liberté, c'est d'assumer mon choix, celui de trouver ma cohérence, le bon alignement qui me permet de me sentir vivante et complète.

Je ne veux plus d'une relation pansement.

Je soigne mes blessures.

J'ai les ressources pour y arriver.

Je veux bien rentrer dans la vie d'un homme s'il a envie de prendre soin de moi et d'être avec moi dans l'intimité mais aussi dans sa vie et au plus profond de son coeur.

Je prends le risque de m'engager et d'aimer pour de vrai sans avoir besoin de me cacher.

Je suis libre et libre d'aimer.

Je prends, je reçois, je m'ouvre à l'amo

ur plein.

Je n'ai plus peur, je me libère de mes pansements.

Je m'arrête là, Fabrice et je poursuis mon chemin différemment avec toi ou sans toi.

Parce que je t'aime, parce que je m'aime.

Ninon.

Laurence Traineau, "La femme pansement", 14 novembre 2018

Photos : Unsplas

Humanisons-nous sur la Terre Happy en partant à la découverte de nos névroses et nos perversités....

Mais qu'est-ce donc un pervers ? Et un névrosé, c'est quoi exactement ?

Le pervers, qui est-il ?

C’est un enfant tyrannique très affamé, jamais rassasié dans un corps d'homme ou de femme qui veut jouir à tout prix par des moyens légaux et illégaux sans s'inquiéter d'utiliser les autres et de les faire souffrir. Il est animé par le Ça, la pulsion qui l’emporte sur le Moi et le Surmoi (les trois instances de Freud). Le Surmoi, le gendarme intérieur celui qui représente la loi est nié, le pervers devient la loi, il est la loi. Tout lui est permis, tout lui est dû. Son besoin demande une satisfaction immédiate. L’autre n’existe que pour servir le Ça.

À quoi reconnaît-on un névrosé ?

C’est un enfant inquiet très frustré et obéissant, rempli de culpabilité dans un corps d'homme ou de femme et qui s'empêche de jouir et met tout en oeuvre pour ne pas y arriver et surtout empêche aussi les autres d'y arriver. Son désir est nié ou censuré grâce à l’aide du Surmoi qui empêche sa réalisation. Le névrosé est le champion pour se mettre des bâtons dans les roues ou les pattes afin de ne jamais se mettre en lumière, non, lui ce qu’il veut, c’est être dans les coulisses et se faire tout petit.

Le névrosé, et le pervers de Jean de la Fontaine, qui sont-ils ?

«La fourmi et la cigale» de Jean de la Fontaine sont les personnages qui représentent bien le Névrosé, la fourmi et la perverse, la cigale, celle qu'on admire, et c’est bien normal puisqu'il n’y a qu'elle qui veut être vue sur le devant de la scène. La fourmi s’empêche de vivre l'expérience de la joie, de la jouissance, du dépassement de soi et du plaisir d’exister en se persuadant que dans la vie il faut travailler dur pour survivre. La cigale, au contraire est convaincue que les autres sont là pour elle afin de l'admirer et la combler pleinement.

Elle n'a qu'à chanter pour son plaisir et la fourmi n'a qu'à la servir de mets délicats pour son fin palais. La cigale se prend pour la reine mère dans son royaume nourrie par son obéissante fourmi besogneuse.

Une fourmi névrosée attire facilement à elle une jolie cigale perverse, jouisseuse des plaisirs de la vie. Souvent elles s’aimantent à défaut de s’aimer. Au final, ni la cigale perverse ni la fourmi névrosée ne seraient satisfaites et en paix. Et en plus, impossible pour elles de connaître l'amour.

mai.jpg

Y aurait-il une solution  pour savourer et partager au mieux la vie à deux quand une fourmi rencontre une cigale ?

Oui, si la cigale cesse d'être un enfant despote qui tyrannise la fourmi soumise et qu’ensemble elles acceptent enfin de grandir et de se responsabiliser pour le plaisir de s’épanouir ensemble en créant une joyeuse alliance.

Quels seraient les moyens pour y arriver ?

La cigale accepterait la frustration et ouvrirait son coeur en développant son empathie et ferait un bon sevrage pour calmer sa faim insatiable et son besoin irrépressible de se prendre pour le centre du monde.

Quant à la fourmi, elle s'autoriserait à sortir de sa fourmilière et à savourer les plaisirs de la vie en éveillant ses sens. elle accepterait enfin de se faire du bien et s'abandonnerait à l'inconnu palpitant.

Et si nous étions à la fois pervers et névrosés, cigale et fourmi ?

Et si un humain mature équilibré n’était que le résultat d’un assemblage de névroses et de perversités avec en plus une pointe d'émerveillement sur sa grandeur d'âme et de lucidité sur sa médiocrité d'humain apeuré.

Humanisons-nous, osons partir à la découverte de nos besoins et nos désirs sans les refréner, osons être juste des humains très imparfaits, médiocres et merveilleux, responsables et éveillés ! Ayons le courage de grandir et d'aller à la rencontre des autres et du monde en ayant beaucoup de plaisir à chanter tous ensemble ! N’est-ce pas parfait ainsi ? Être à la fois cigale et fourmi.

Laurence Traineau, "Humanisons-nous", Novembre 2018




https://www.psychologue.net/articles/humanisons-nous?utm_source=article

http://cabinet-de-sexologie-lorient.over-blog.com

https://www.psychologue.net/articles/humanisons-nous?utm_source=article Enregistrer Enregistrer